Comment faire un mur de pierre : le cantou auvergnat

La vitrine souhaitée par Véronica reproduit à l'échelle 1 :12ème, le « cantou » de la pièce à vivre de la ferme des Granier, située à Niervèze dans le Cantal, aujourd'hui aménagée en Musée.


La structure de la vitrine se compose d'une plaque de base de 250 x 540 mm, de deux côtés de 250 x 220 mm, et d'un fond de 560 x 220 mm. L'ensemble est en contreplaqué de 10 mm, de qualité marine.
Pourquoi ce choix ? En raison de la technique mise en oeuvre pour la reproduction des maçonneries et d'une grande partie du sol, en enduit et plâtre, donc apportant une grande quantité d'eau.
Cette humidité interdit l'utilisation du carton, tout comme d'un contreplaqué ordinaire que se déformerait pendant le séchage.
Ces quatre parties sont collées à la colle à bois vinylique à prise rapide, et clouées entre-elles.


La cheminée dans laquelle prendront place les bancs du cantou est également construite sur une base de contreplaqué. Elle possède une ouverture de 260 x 125 mm, pour une profondeur de 70 mm. L'armoire de pierre qui la jouxte, une ouverture de 110 x 80.
Notez que Véronica n'a pas tenu compte du plafond de sa vitrine, qui sera rapporté ensuite, et prévu pour être démontable afin d'offrir une meilleure vision.

La réalisation des murs et des sols
Pour la reproduction des maçonneries de pierres volcaniques, Véronica a utilisé de l'enduit à joint, grain fin, normalement destiné aux joints pour plaquettes, briquettes et pierres de parement.
Cet enduit est disponible chez Casto, en pot de 5 kg, couleur pierre.
La mise en oeuvre se fait en respectant scrupuleusement les préconisations du distributeur, notamment en ce qui concerne le port de gants de protection ; l'enduit étant agressif pour la peau.
La première étape consiste à préparer l'enduit, à l'aide d'une spatule.
Cette opération réalisée, il sera alors possible d'appliquer l'enduit sur la surface de la vitrine, en une couche de 10 mm d'épaisseur environ.
Il est prudent de travailler par étapes, et de ne traiter que des petites surfaces à la fois. Ainsi, Véronica réalise-t-elle la maçonnerie du fond de la cheminée, en grosses pierres rectangulaires, après avoir délimité sa surface à l'aide de baguettes de bois carrées de 1 cm de côté .


Il sera facile ensuite d'égaliser la surface à l'aide d'une règle, puis de laisser prendre la masse de coulée.
Lorsque celle-ci commence à tirer, il est possible de dessiner l'appareillage de pierre, à l'aide d'une spatule fine, ou d'une pointe à tracer.


Avant le complet durcissement de l'enduit, il est nécessaire de réaliser un déglaçage de la surface, ici à l'aide d'un petit burin, afin de donner à la surface de la maçonnerie l'aspect d'une pierre taillée irrégulièrement.


Notez les deux parties creusées, qui correspondent en réalité aux niches pratiquées dans le mur, afin de pouvoir disposer quelques ustensiles.
Lorsqu'une surface vient d'être terminée, il est prudent d'attendre son complet séchage et le durcissement de l'enduit avant de poursuivre. En effet, l'enduit reste fragile durant cette phase.
Quoi qu'il en soit, la vitrine se complète progressivement du mur de côté, puis de la cheminée, pour laquelle il ne faudra pas oublier d'intégrer la poutre servant au maintien des pierres supérieures.

La gravure proprement dite est maintenant terminée. Notez les joints entre les pierres, très marqués, larges et profonds.
Cela permettra ensuite d'y couler un jus de plâtre afin de reproduire le joint clair de la maçonnerie, de manière très réaliste.
Mais avant, Véronica aura réalisé le sol au niveau de la cheminée de la pièce à vivre, en réalité constitué de larges dalles de pierres taillées.
A ce niveau, la structure des pierres étant beaucoup plus fine que celle des murs, l'utilisation de l'enduit n'est pas souhaitable.
Il est en effet préférable d'utiliser pour cela un plâtre, comme le Staturoc, disponible dans la gamme Rougier et Plé.
La surface est traitée ici en une seule fois, après l'avoir délimitée à l'aide de baguettes de 1 cm de côté. Le reste du sol sera quant à lui constitué d'un parquet aux planches grossièrement traitées.


Avant que le plâtre ne commence à prendre, des feuilles de papier ménager sont posées sur sa surface, afin d'éponger l'eau, puis la surface sera tamponnée à l'aide de ce papier, maintenant humide, et réuni en bouchon.
Il est nécessaire de travailler alors très rapidement, pendant que la masse de coulée conserve encore une certaine plasticité.
Il sera ensuite possible de graver la surface du sol, à la pointe fine, ou à la lame d'un cutter.
Attention, ici, il ne faut pas marquer les joints de manière aussi nette que pour les murs, car aucun enduit ne viendra combler ensuite les interstices.


La mise en peinture
Le gros oeuvre est maintenant achevé. Il sera alors souhaitable de passer sur l'ensemble des murs ainsi traités un petit coup de brosse, afin de libérer les gravures des poussières présentes.
L'utilisation d'un aspirateur est ici d'un grand secours.
En règle générale, pour toute opération faisant intervenir du plâtre, dont les fines poussières sont extrêmement salissantes, il est préférable, si l'on ne dispose pas d'un atelier spécifiquement consacré à la pratique des loisirs, de travailler dans une cuisine, plutôt que sur les moquettes ou les parquets cirés du salon !
Quoi qu'il en soit, les maçonneries ayant été nettoyées, et dépoussiérées, il est possible de procéder à une première mise en couleur des sols et des murs.


Les peintures utilisées pour cette opération sont des acryliques à l'eau, disponibles dans de nombreuses gammes, comme les Studio Pébéo, ou les Studio Acryl Gerstaecker.
Le sol est recouvert d'un lavis largement dilué de gris de Payne. Avant le complet séchage, la surface sera estompée à l'aide d'un bouchon de papier ménager humide.
La maçonnerie de pierres volcaniques demande quant à elle beaucoup plus de travail. La première étape consiste à appliquer une couche de base couleur Terre de Sienne Brûlée.
Puis chaque pierre sera ensuite traitée une à une, en réalisant les nuances chromatiques à l'aide de mélanges de Terre de Sienne brûlée, d'Ocre Jaune, de Jaune de Naples, de Terre de Sienne naturelle, d'Ombre brûlée, qui donne cette belle couleur chocolat présente dans ce type de maçonnerie, et d'une pointe de gris de Payne.
Dans ce genre d'exercice, il est souvent préférable de réaliser un essai préalable, afin de mettre au point les différents mélanges et dilutions, qui peuvent aller des lavis largement dilués, aux peintures appliquées presque sèches, en frottant la surface à traiter à l'aide d'une brosse à poils durs.
Le résultat jugé satisfaisant, il est temps maintenant de terminer les maçonneries en réalisant les joints.
Pour cela, Véronica a réalisé un mélange assez liquide de Staturoc, appliqué délicatement à l'aide de la pointe d'une spatule. Il convient à ce niveau d'être calme, et de prendre son temps, afin d'éviter de trop souiller les pierres.


Toutefois, quelques gouttes de plâtre déposées sur celles-ci ne présentent aucun souci. Elles seront simplement brossées ensuite à l'aide d'un pinceau à poils durs.
Les joints étant réalisés, ils seront patinés d'un jus de gris de Payne, appliqué très dilué. A ce stade, la vitrine commence à prendre forme, et l'on retrouve déjà l'atmosphère qui se dégage de la pièce réelle.


Plafonds et planchers
Il est temps maintenant pour Véronica de changer de corps de métier, et de devenir charpentier.
Mais c'est aussi un des plaisirs de ce loisir de création, que de mettre en oeuvre de nombreuses techniques, tours de main  et matériaux.
Son premier travail sera de poser le plancher. Les lames sont coupées dans un contreplaqué d'Ilomba de 3 mm d'épaisseur.
Après traitement de la surface à la brosse métallique, les lames seront mises en peinture aux acryliques Terre de Sienne naturelle, Ocre jaune, Terre d'Ombre brûlée et gris de Payne, avant d'être mises en place sur un carton afin de récupérer l'épaisseur du dallage de pierre.


La mise en place du plafond demandera  plus de travail. En effet, celui-ci a été réalisé de façon à pouvoir être démontable, afin de faciliter l'observation, et la photographie de la vitrine.
Bien que venant plus tard dans la description, la mise en place du plafond ne pourra se faire qu'après avoir réalisé l'évocation du lit clos et de l'armoire, qui occupent la partie gauche de la vitrine.
En effet, les deux poutres qui supporteront le plancher, devront s'intégrer dans une découpe pratiquée sur la partie supérieure de la menuiserie des lits.

Quoi qu'il en soit, ces poutres sont tirées d'une section de tasseau carré de 17 mm de côté, en bois d'Obeche du Ghana disponible chez Casto.
Ce bois, à la texture fine et régulière est bien adapté à nos besoins de miniaturistes.

Après avoir été travaillées à la râpe, les poutres sont mises en peinture, en utilisant les mêmes teintes que pour les planchers.


Elles viendront alors prendre place dans des logements prévus à cet effet de part et d'autre des murs de la vitrine.
Mais elles ne seront toutefois pas collées, afin de permettre le démontage de cette partie de la vitrine.
Les lames du plancher supérieur, découpées et traitées comme pour celles du sol de la pièce à vivre, en contreplaqué d'Ilomba, pourront alors être ajustées aux bonnes dimensions, en tenant compte du retrait de la cheminée, et collées à la colle à bois vinylique à prise rapide.
Un tasseau sera provisoirement mis en place, maintenu par deux serre-joints, et permettra de figurer le futur cadre de la vitrine, contre lequel les lames du plancher doivent venir porter.
Cette opération réalisée, il faudra laisser parfaitement sécher la colle, au moins une nuit, avant de pouvoir retirer la pièce formant le plafond de la vitrine. En effet, même dite à prise rapide, une colle à bois demande entre 8 à 12 heures pour obtenir un séchage complet.


Le mobilier
En ce qui concerne le mobilier, le plus gros travail concerne la menuiserie du lit clos qui occupe le mur de gauche de la vitrine.
En fait, seule la façade sera réalisée. Le lit étant fermé par un rideau, qui cache l'intérieur, l'ensemble sera traité simplement en «bas-relief». Ainsi, le bois de la menuiserie du lit et de l'armoire est-il collé sur une épaisseur de carton plume de 10 mm d'épaisseur.
Au niveau de l'ouverture du lit, le carton plume est évidé, afin de permettre de mettre en place le rideau.
Le tissu de celui-ci vient de la gamme proposée par le producteur américain Brodnax Prints, simplement collé à l'arrière en veillant à créer des drapés harmonieux et réalistes.

Le bois utilisé, (peuplier, samba ou tilleul) disponible en planches de 1,5 mm d'épaisseur chez DFC, sera à préférer au traditionnel balsa, trop fragile et difficile à couper proprement, sans écrasement, surtout quand il s'agit de pièces courbes, comme les consoles de renfort de la planchette au-dessus de la cheminée, ou de la traverse au-dessus de l'ouverture du lit clos.
Selon les goûts, il sera possible de vieillir légèrement sa surface en passant une brosse métallique, mais on peut également préférer un état de surface plus régulier, pour un mobilier, certes rustique, mais tout de même parfaitement entretenu.
La mise en place de fins détails, comme les gonds des deux portes d'armoires, donnera tout son relief à cette partie de la vitrine.
Ces gonds sont tirés d'une longueur de 15 mm environ de profilés Evergreen rond de 1,6 mm de diamètre (référence 222).


Les extrémités sont tournées à l'aide d'une mini-perceuse et mises en forme avec une lime aiguille fine.
Enfin, avant peinture, une marque est réalisée d'un trait de cutter, en faisant rouler le gond, afin de figurer la séparation des deux demi-pièces
. 


Mille et un détails
Ces travaux réalisés, la construction de la vitrine entre dans sa phase de finition, qui peut être plus ou moins détaillée, selon les goûts.
Pour cela, Véronica a fait appel à des pièces créées pour l'occasion, comme le crucifix, réalisé d'un assemblage de profilés Evergreen de 3,2 x 1 mm (référence 146), alors que le rameau de buis est en fait une brindille d'écume de mer, plante décorative que l'on trouve chez les fleuristes.
La porte de l'armoire de pierre, en bois de tilleul, est renforcée de trois traverses. Pour imiter les clous d'assemblage, Véronica a simplement pointé leur emplacement à l'aide d'un crayon à papier. Et c'est la trace laissée par la mine qui figure avec assez de réalisme la tête du clou.


Il reste encore à détailler l'âtre, en reproduisant les restes d'un feu. Une randonnée dans les Vosges a fourni les brindilles noircies à une de leur extrémité par la flamme d'une bougie.
La cendre a été obtenue en brûlant des bâtons d'encens.


Avant la mise en place de ces éléments dans le foyer, une légère patine a été réalisée à l'aérographe, en pulvérisant un fin voile de peinture noire mate figurant les traces de suies.


Il ne reste plus alors qu'à mettre en place les restes de combustion, ainsi que mille et un détails...





Article ajouté le 2009-04-14 , consulté 159 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " La miniature au 1:12ème "

Imprimer cet article

Retour aux articles