L'architecture du Périgord, Monpazier en H0

Le Périgord, qui s'inscrit aujourd'hui presque entièrement dans le département de la Dordogne constitue un ensemble architectural d'une exceptionnelle richesse.

Comme partout en France, le bâtisseur a mis en oeuvre les matériaux qu'il trouvait localement. Ainsi, si l'on rencontre pour l'essentiel des maçonneries calcaires, recouvertes de tuiles plates ou romaines, ou encore de lauzes, lourdes couvertures de pierre, le granit est toutefois bien présent dans le nord-est du département, dans la région du nontronnais, associé aux ardoises, à l'image du limousin voisin, alors que le colombage et le torchis, sont présent dans la région marécageuse de la Double, conjointement au chaume.

 

Sarlat, capitale du Périgord noir

Mais pour l'amateur d'architecture, point de visite du Périgord sans un séjour à Sarlat.

Ce fut son éloignement des voies de communication qui préserva la cité des modernisations des XIX et XXème siècles.

 

Vieille maison de la rue Montaigne à Sarlat, en face du chevet de la cathédrale et de la tour des morts, caractéristique de l'architecture régionale : solide maçonnerie de pierres calcaires, toiture sur pignon de forte pente, tour décorative et galerie extérieure couverte.

 

Ainsi, à l'exception du percement de la rue de la Traverse, réalisée entre 1836 et 1840, le coeur de la ville n'eut à subir aucune transformation notable depuis la fin de la Renaissance. Même le chemin de fer, arrivé en 1882, laissa à l'écart le coeur historique de la cité pour s'implanter dans le quartier du Pontet. Cette préservation allait faire de Sarlat un des sites pilotes de la loi du 4 août 1962 créant les secteurs sauvegardés, à l'initiative d'André Malraux.

 

Détail de l'escalier d'accès à la maison rue Montaigne.

 

Ainsi, aujourd'hui, l'amateur peut-il découvrir, entre autre, la maison de la Boétie, construite en 1525, qui vit naître Etienne de la Boétie, les hôtels de Plamon, de Maleville, de Grézel ou de Vassal, aux appareillages de pierres de taille calcaire d'une couleur ocre jaune caractéristique.

Ces demeures présentent souvent un rez-de-chaussée d'origine médiévale, surmonté d'extensions réalisées à la Renaissance, coiffées de lourdes toitures de lauzes.

 

Sarlat, l'hôtel de Vassal, datant du XVème siècle, avec sa double tourelle disposée dans l'angle du bâtiment.

 

Cette forme de couverture, universelle jusqu'au XVIème siècle, exigeait une charpente extrêmement élaborée, donc chère. Elle fut alors progressivement remplacée par la tuile, plate ou romaine.

Mais Sarlat à elle seule n'est pas tout le Périgord. Bien d'autres villes et villages sont à découvrir dans la région, à la recherche d'inspiration pour réaliser quelques miniatures, à l'image des bastides, véritables villes nouvelles construites à la fin du moyen âge, ou encore du village reconstitué du Bournat, au Bugue, évoquant la vie en Périgord dans les années 1900.

 

Détail de la porte de la cave de la maison rue Montaigne, un beau sujet de miniature !

 

 

La fondation des bastides

La création des bastides, entre 1222 et 1373, phénomène limité au quart sud-ouest de la France, accompagna l'essor démographique de la région durant la seconde moitié du moyen âge, et traduisit la volonté d'asseoir un pouvoir fort, profitant de ce développement économique.

Pour ce faire, français et anglais, qui se disputaient la région, accordèrent des largesses encore inconnues jusqu'alors, dans l'unique but de fixer des populations sur des territoires mal contrôlés, mais que chacun convoitait.

La bastide de Monpazier, par exemple, fut fondée en 1284 par Edouard 1er roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine.

Les habitants volontaires reçurent terrains et matériaux à bâtir, ainsi qu'une terre à cultiver. Ils furent exemptés d'impôts, disposaient d'un libre accès aux forêts, rivières, fours et moulins.

L'administration de la cité était assurée par des Consuls, nommés par les habitants.

Mais les bastides, lieux d'échange et de commerce, n'étaient pas des places fortes. Ainsi, peu et mal fortifiée, Monpazier changea de mains à six reprises durant les hostilités de la guerre de 100 ans, ce qui peut également traduire le peu d'empressement des populations à prendre réellement partie pour tel ou tel roi. En ce sens, l'objectif des autorités ne fut pas atteint !

 

Les bastides, une nouvelle organisation de la ville

Loin des tracés tortueux des villes médiévales, les bastides se développent sur des plans à la géométrie rigoureuse. Les rues rectilignes se croisent à angles droits, définissant un parcellaire en damier d'égales dimensions, comprises entre 8 et 9 mètres de large, pour une longueur de 20 mètres, dans lequel s'inscrit chaque maison.

Celles-ci sont séparées les unes des autres par un espace de 30 à 40 cm de large, l'andronne, qui permettait à l'origine l'écoulement des eaux usées et des eaux de pluies, tout en assurant une fonction de pare-feu.

La place qui constitue le véritable centre de la cité, à partir duquel l'ensemble s'organise, est bordée de bâtiments présentant un retour en rez-de-chaussée permettant la création d'un passage couvert abritant les boutiques d'artisans et de commerçants.

 


Ensemble de maison formant l'angle de la place centrale, bastide de Monpazier.

 

A Monpazier, chaque arcade est différente, réalisée sans plan d'ensemble au fur et à mesure des besoins et du développement de la cité. Ainsi trouve-t-on des arcades en  arc brisé ou en plein cintre, plus rarement à angle droit sous linteau.

A l'origine, villes ouvertes et centre d'activité économique, les premiers remparts n'apparaissent qu'au XIVème siècle, en réponse à l'insécurité du moment.

 

Monpazier au 1/87. 

De nombreuses bastides furent construites dans le département de la Dordogne, parmi lesquelles Domme, Villefranche du Périgord ou Eymet, mais c'est à Monpazier que je vous propose de nous arrêter afin de réaliser à l'échelle H0 un ensemble de maisons formant une partie des couverts de la place de cette ancienne possession anglaise.

 

Dessin copie.jpg

Téléchargez le dessin  : ICI

 

La structure des bâtiments

Pour reproduire les maçonneries en pierre j'ai utilisé les feuilles de polystyrène gravé proposées par la firme anglaise Slater's, disponibles selon plusieurs appareillages, plus ou moins réguliers.

La première étape consiste à reporter le dessin des façades à reproduire sur le carton de base. Il s'agit ici de carton bois de 2 mm d'épaisseur, disponible chez Graphigro.

 

 

Les feuilles de maçonnerie Slater's seront ensuite collées à la cyano. Pour certains murs, les appareillages font appel à des pierres de tailles régulières, référence 424, généralement pour les soubassements et les parements d'angles, complétés de pierres plus petites et irrégulières en garnissage, référence 417, l'ensemble pouvant ensuite être recouvert par endroit d'un enduit.

Pour reproduire ces dispositions, des zones seront découpées dans la plaque de pierres régulières avant qu'elle ne soit collée sur le carton.

 

 

Puis, la partie ainsi évidée sera habillée de pierres irrégulières mises en place selon l'inspiration.

 

 

Un enduit de plâtre type Staturoc, appliqué à la spatule, finira le traitement des murs.

 

 

Les chants, au niveau des ouvertures de façades, pourront recevoir un enduit de type syntofer, avant de marquer d'un trait de lime les joints de pierres dans le prolongement des gravures Slater's.

 

 

Toit, toit, mon toit ...

Les toitures de ces constructions sont recouvertes de tuiles romaines ou canal. Les éléments du commerce proposés, dont la référence 55225 Noch, ne présentent pas l'aspect irrégulier de ces toitures réelles, mais peuvent cependant être mis en oeuvre pour la réalisation des génoises sous le toit. Pour cela, je découpe deux bandes de 1 et 2 mm de largeur dans la feuille Noch.

 

 

Je colle alors la bande la plus large sur un profilé plastique de même dimension, qui figure la partie supérieure de la génoise, avant de coller la bande la plus étroite, créant ainsi un débordement. Les vides seront ensuite garnis de mastic Syntofer appliqué à la spatule.

 

 

L'ensemble ainsi réalisé prendra place en haut du mur.

 

 

Comme je vous le disais, les reproductions de toitures romaines disponibles dans le commerce ne sont pas entièrement satisfaisantes. Ainsi, lors de la construction du réseau reproduisant le site de la gare des Eyzies, j'avais réalisé une plaque de toiture destinée à la prise d'empreinte pour la réalisation d'un moule en RTV.

Les tuiles furent réalisées en découpant un papier Canson Lavis Technique à l'aide d'une antique pince à tiercé, puis collées les unes sur les autres jusqu'à composer la plaque.

Toutefois, aujourd'hui, je trouve ces tuiles un peu fortes pour le H0, aussi les ai-je repris afin de les affiner et de créer un nouveau moule pour pouvoir les tirer en résine.

 

 

Cette opération a été mené à bien en décollant chaque rangée de tuile, puis en les taillant d'un trait de cutter en cône plus ou moins régulier, avant de les recoller en place.

 

Le moulage de la résine : ICI

 

Montage et finition des bâtiments

Les façades étant réalisées, les éléments de toitures, commerciales ou de fabrication personnelle, disponibles, il ne reste plus qu'à assembler les bâtiments en respectant les dispositions particulières des couverts.

En effet, un passage piétonnier est réalisé en réalité tout autour de la place, au rez-de-chaussée, abritant les boutiques des commerçants et les ateliers d'artisans.

Pour cela, les façades latérales sont percées d'arcades en ogives et recouvertes à l'intérieur d'une feuille de maçonnerie Slater's.

 

 

Les plafonds sont évoqués à l'aide d'une plaque Evergreen 3025, complétée d'une poutre tirée d'un profilé Evergreen 187.

Les façades étant assemblées, il est alors possible de recouvrir les constructions des toitures en tuiles romaines.

 

 

Les tuiles faîtières seront prises dans la feuille Noch, et collées à la colle pour plastique.

 

 

Après décoration, gris clair et ocre pour les maçonneries, rose pour les tuiles, il sera possible flâner sous les couverts de notre bastide miniature.

 



 

 

 




27/01/2010
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi