Sols et flocage : les quatre saisons

Comme nous sommes loin aujourd'hui des misères en bigoudis que l'on nommait alors «arbres», des lichens colorés ou des flocages en sciure teintée aux couleurs criardes qui se voulaient évoquer la végétation sur les réseaux miniatures !
Depuis quelques années, une large gamme de produits parfaitement adaptés à la reproduction d'une végétation réaliste a fait son apparition sur les rayons des détaillants spécialisés pour le plus grand bonheur des modélistes.
Ainsi, grâce à Busch et Noch, l'évocation des «grandes cultures», comme les champs de maïs, de tournesols ou de colza est-elle possible, tout comme la reproduction des plus modestes jardins, avec leurs légumes et leurs potirons, sujet finalement très ferroviaire apportant une note de couleur originale sur un réseau miniature.
En effet, quelle est la maison de garde barrière qui ne possédait pas son jardin potager ?
De la même manière trouvons-nous pour la reproduction des zones en herbes une gamme complète de flocages en fibre, chez GPP, Noch, Heki ou Woodland Scénic, qu'il est maintenant possible de «planter» avec le Gras Master Noch de la manière la plus réaliste qui soit.
Afin de traiter la vaste zone s'étendant entre la gare de Dives-Cabourg et la rivière Dives, j'ai choisi de mettre en œuvre les références proposées par Mini-Natur, sous la forme, notamment, des assortiments de tapis «prairie humide». 


En cette fin de printemps 1907, longeant la rivière Dives, le père Anselme se rends à la gare de Dives-Cabourg, chercher un certain Marcel Proust, qui arrive de Paris par le train de 13h22.

Il le conduira ensuite au Grand Hôtel de Cabourg...
Un grand merci à l'ami Robert Gesuelli pour la réalisation de l'attelage et de la figurine.



La gamme Mini-Natur
La riche gamme Mini-Natur propose un assortiment de tapis permettant de reproduire avec beaucoup de réalisme des prairies entretenues, ou envahies de fleurs et autres mauvaises herbes, des champs de trèfle, des gazons courts ou longs, des landes, des pâturages ainsi que des sols forestiers.
L'ensemble de ces articles est proposé en quatre versions, reproduisant l'état végétatif des différentes saisons : printemps, été, automne et hiver.
La gamme se complète d'assortiment de fleurs, disponibles en blanc, jaune, rouge, mauve, bleu ou orange, permettant de composer dans les jardins des tableaux floraux que n'aurait pas renié Claude Monet !
On trouve également des touffes d'herbe, courtes ou longues, parfaites pour enherber chemins de terre et autres zones interlopes...

De l'observation de la réalité
Pendant un an, chaque mois, j'ai pris une photo de la même zone cultivée à quelques kilomètres de Saverne, en Alsace. Ainsi s'aperçoit-on notamment que l'on trouve un champ de colza en fleur en plein mois de novembre.
S'agit-il d'une manifestation du dérèglement climatique ? Non, il s'agit en fait d'une couverture végétale servant à fixer l'azote du sol pour servir au printemps suivant d'engrais vert !
Quoi qu'il en soit, l'observation de ces variations chromatiques peuvent être intéressantes dans notre domaine. Ainsi, au mois d'avril la campagne alsacienne, se pare-t-elle des beaux verts tendres des blés en herbe et des bruns des parcelles qui n'ont pas encore été semées, c'est le cas du maïs par exemple.
Les arbres, au second plan présentent encore pour beaucoup un aspect hivernal, mais déjà, les premiers fruitiers sont en fleurs, présentant un délicat moutonnement blanc rosé.



Au mois de juin, la palette change spectaculairement.
Les verts tendres des céréales d'hiver ont fait place au blond de la maturité qui annonce la récolte prochaine ; les bruns, aux verts olives des céréales de printemps, ou au verts plus sombres des champs de maïs, et les arbres sont tous en feuilles, se parant de beaux verts bien marqués.




Au cœur de l'été, l'environnement a une nouvelle fois évolué.
Les céréales ont été moissonnées, laissant un tapis de chaumes courts sur lesquels, de place en place, on trouve les balles rondes de la paille qui servira de litière aux animaux ; les maïs ressemblent maintenant aux assortiments Busch, et déjà, le brun a refait son apparition dans la gamme chromatique.
Sur les sols tout d'abord, car certaines parcelles ont été déchaumées par un passage d'outil à disques ayant pour fonction d'accélérer la dégradation des chaumes ; dans les arbres enfin, ou la sécheresse estivale a brûlé les feuilles les plus fragiles.




Enfin, sous le pâle soleil de cette fin novembre, le paysage s'apprête à prendre ses quartiers d'hiver.
Les récoltes ont été levées, suivies des labours. Les arbres ont perdu leur feuilles.
S'attendrait-on alors à voir le jaune éclatant d'une culture de colza, semée comme engrais vert ?



Sur nos réseaux miniatures, ou la place est naturellement comptée, l'évocation d'une zone cultivée limitée à un angle, ou en fond de décor, pourra apporter quelques notes de couleur et une animation réaliste.
Mais ces observations auront également permis de constater qu'il ne fallait pas prendre au pied de la lettre le système de  référencement proposé par Mini Natur.
En effet, les tapis disponibles dans les quatre saisons peuvent parfaitement être mélangés sur un même réseau, en enrichissant la palette disponible pour la composition des scènes les plus réalistes.

La mise en place des tapis Mini-Natur
Le sol de la zone que j'ai décidé de traiter avec les tapis Mini-Natur représente une zone prairie en fleur sous un clos de pommiers.



La structure de base, placée dans le prolongement direct du bord de la Dives, est composé d'une plaque de polystyrène extrudé, recouverte d'un enduit de plâtre à modeler Polyfilla, dont la surface a été mis en forme plus ou moins irrégulièrement.
La zone à traiter est ensuite peinte à l'acrylique d'un brun-gris verdâtre, avant d'être floquée avec de terre véritable prélevée sur le site, qui servira d'ailleurs à floquer le chemin le long de la rivière !
Le tapis Mini-Natur est découpé aux dimensions de la surface à recouvrir. Les bords du tapis sont ensuite taillées de biais, vers l'intérieur de façon à assurer un raccord progressif en bordure de champ en évitant que n'apparaisse de façon nette la tranche du tapis, relativement épaisse.



Cette zone est encore déchirée de manière irrégulière avant le collage du tapis sur le réseau.



Le raccord sera alors floqué de quelques touffes de flocage fibre.



La mise en scène se poursuit par la mise en place des herbes de milieu de chemin, longue, puis les abords sont plantés de touffes d'herbes longues, toujours aux couleurs du printemps.
Quelques fleurs jaunes viendront évoquer les joncs poussant sur les rives.



Voilà donc composé un paysage de printemps, mais il sera tout à fait possible d'évoquer les quatre saisons sur votre réseau :
Ainsi, bien longtemps après de passage du père Anselme, son petit fils, au même endroit allait avec son alambic distiller quelques fûts de cidre pour faire son calvados. L'été avait été chaud cette année là, et les arbres de ce début d'automne étaient déjà bruns.


 «et la mer qu'on apercevait à travers les pommiers étant mauve. Légers comme de claires couronnes flétries et persistants comme des regrets, de petits nuages blancs et roses flottaient à l'horizon. Une file mélancolique de peupliers plongeait dans l'ombre, la tête résignée d'une rose d'église ; les derniers rayons, sans toucher les troncs, teignaient leurs branches accrochant à ces balustrades d'ombre des guirlandes de lumière».
Marcel Proust, Les plaisirs et les jours.

 




04/01/2007
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