Une église romane

L'église réelle, dont la construction remonte aux années 1150 – 1200, est fortifiée et présente un aspect sévère qu'aucune fioriture ne vient divertir.

 

 

Seul le portail, ouvert sur le clocher-mur donnant sur le parvis de l'église, présente quelques arrangements, avec ses voûtes brisées, disposées en retrait les unes des autres, et retombant sur des pieds droits séparés par des boudins toriques.

 

 

La grande archivolte repose sur deux colonnes de marbre gris, les quatre autres doivent se contenter de colonnes de pierre du pays. L'intrados de la voussure est polylobé avec sept lobes.

Tous ces éléments, comme les chapiteaux qui les surmontent, ont été probablement récupérés au moment de la construction sur quelque monument gallo-romain.

Cependant, la structure garde un aspect austère, renforcé encore par la présence d'une chambre supérieure crénelée sur la façade, alors que l'arrière, donnant sur la toiture, est doté de hourds de bois.

 

 

Les murs latéraux sont renforcés par cinq puissants contreforts, courant jusqu'à la corniche, constituée d'une tablette à angle vif, reposant sur des modillons lisses.

 

 

Enfin, le chevet, s'adossant au coteau forme un véritable rempart d'une hauteur de 25 mètres, avec à son sommet une chambre crénelée à mâchicoulis. Celle-ci est défendue par un donjon surélevé et crénelé, dont l'angle rentrant à sa base disparaît dans sa partie haute avec une série d'encorbellements.

 

 

Le mur de chevet présente quatre arcatures en ogives, format arcs de décharge et retombant sur des contreforts faisant office de pied droit.

Cet édifice étant placé au premier plan du réseau, juste à l'arrière de la voie ferrée, devait être traité sensiblement à l'échelle du H0. Un relevé précis des dimensions a donc été réalisé, puis un plan.

L'ensemble a ensuite été adapté à la place réellement disponible, lors de la réalisation des maquettes d'encombrement du village au moment de la construction de la charpente du module de Tayac.

Ainsi, les dimensions générales ont été réduites d'environ 15 % et une travée supprimée, les murs latéraux n'étant plus renforcé que par quatre contreforts au lieu des cinq réels

Ainsi transposées, l'église de Tayac conserve cependant entier son caractère exceptionnel, et domine de sa masse cette partie du réseau.

 

L'église en H0

Sa réalisation proprement dite fait appel à une solide structure en carton contrecollé de 2 mm d'épaisseur, entretoisée, et recouverte, pour l'essentiel, de plaques de maçonneries en plastique injecté Kibri, référence 7966.

 

 

Les contreforts des murs latéraux, collés à la cyano, viennent de chutes de plaques Kibri.

 

 

De fait, seul le portail, avec ses voussures brisées et ses marches d'escaliers, est en carton contrecollé. L'intrados polylobé y est mis en forme à la lime.

 

 

Les colonnettes ne sont plus d'origine gallo-romaine, mais en tube de plastique Evergreen, surmontées d'un chapiteau en plâtre formé avec la lame d'un cutter.

 

 

 

La série d'encorbellements surmontant l'angle rentrant du mur du donjon, a été réalisée en garnissant le volume d'un enduit type Sintofer et en le mettant en forme au cutter, à partir des murs supérieurs, donnant le profil.

 

 

 

Enfin, les quatre arcatures en ogive du mur de chevet ont été rapportées sur celui-ci, et mise en forme sur un carton contrecollé, également habillé de plaques Kibri.

 

 

Le principal problème que je craignais de rencontrer venait de la décoration d'une construction composite, carton-plastique, et de l'impossibilité, à priori, d'utiliser les pastels secs, pourtant si précieux, quant il s'agit d'exprimer toutes les nuances d'une maquette dont la patine date de plusieurs siècles !

 

 

En effet, la surface du plastique est totalement imperméable aux pigments délayés à l'eau, qui n'ont aucune possibilité d'accroche, contrairement au plâtre, par exemple.

L'idée m'est alors venue de procéder à la dilution des pastels secs écrasés, avec de l'acétone au lieu de l'eau.

Le résultat fut largement à la hauteur de mes espérances. En effet, l'acétone attaque la surface brillante du plastique, qui perd ainsi son aspect brillant, et les pigments restent littéralement emprisonnés dans la masse du plastique, créant ainsi un effet de matière remarquable.

Ainsi décorée d'un jus ocré dilué à l'acétone, il n'apparaît plus de différences entre les zones réalisées en plastique et celles en carton.

L'ensemble fut alors patiné aux pastels et par quelques applications en frottis à sec d'acrylique. Restait à réaliser la toiture, en réalité en lauzes, c'est à dire en pierre taillées très caractéristiques des constructions du Périgord.

Là encore, j'ai fais appel à la gamme Kibri, en utilisant les plaques de toiture référence 7967. Certes, ne s'agit-il pas de lauzes, mais l'aspect de la construction est d'autant plus satisfaisant que sa réalisation aura été rapide !

Là encore, un jus coloré de gris-beige dilué à l'acétone, donna la couleur de la toiture.

Concernant la construction de l'église, la messe était dite !

 

 



19/01/2010
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