Une ferme alsacienne

La boutique de l'Ecomusée d'Alsace propose une série de planches reproduisant à l'échelle 1/100ème les plus belles maisons présentées sur le site.

 

 

Mon choix s'est fixé sur la ferme bloc située à l'origine à Sternenberg, dans la région du Sundgau.

 

 

Ce bâtiment, datant de la fin du XVIIIème, abrite sous un même toit le logement des fermiers, dont la typique stub reproduite à l'échelle 1/12ème par Véronica ; ainsi que les locaux d'exploitation, grange, étable...

Précisons enfin, que l'échelle adoptée pour ces planches, plus proche du 1/100ème que du strict H0, ne constitue en aucun cas une limitation d'usage pour le modéliste. En effet, ces bâtiments ont en réalité un volume assez important, qu'il peut être intéressant de limiter en modélisme. En outre, disposées au second plan d'un réseau, ces maquettes sont parfaites en participant à l'effet de perspective. 

 

La structure du bâtiment

S'il est tout à fait possible d'assembler les planches selon les prescriptions des notices fournies, assez succinctes d'ailleurs, pour un résultat très correct, il est également parfaitement envisageable d'apporter quelques améliorations aux maquettes.

Pour ma part, je me suis servi des planches comme patron, en les collant dans un premier temps sur un carton contrecollé de 2 millimètres d'épaisseur, puis en traitant les colombages selon la même technique que pour la construction du BV des CFC.

Ainsi, après collage et découpe des éléments de murs, les ouvertures, portes et fenêtres, sont dégagées, en prenant soin de conserver les éléments d'huisserie qui seront recollés par l'intérieur lors de la finition du bâtiment ; puis les colombages sont marqués d'un trait de cutter à mi-carton permettant d'évider l'entrecolombage et épluchant le carton dans son épaisseur.

La structure est ensuite solidifiée en appliquant sur la surface entière de la pièce de la colle cyanoacrylate, qui va en polymérisant véritablement plastifier l'ensemble.

Après peinture des colombages, dans le cas présent réalisée avec un mélange acrylique de gris de Payne, jaune de Mars, Ombre brûlée et blanc, le remplissage de l'entrecolombage, se fera au plâtre synthétique à couler disponible chez Rougier et Plé sous la désignation Staturoc, la masse de remplissage, étant déposée à l'aide d'une petite spatule, et les éventuels débordements grattés après la prise du plâtre.

 

 

Pour la mise en couleur des hourdis, j'ai utilisé un mélange de pastels secs Rowney Red Grey tint 2 et Warm Grey tint 4, appliqué en lavis après avoir réduit les craies en poudre.

Sur le bâtiment réel, les hourdis sont soulignés d'un fin liseré blanc, parfaitement visibles sur les photos. Cette particularité peut être facilement reproduite à l'échelle, en grattant délicatement la surface du plâtre à l'aide d'une pointe fine de cutter.

 

 

Ces opérations réalisées, les différents murs composant le bâtiment seront assemblés par collage.

 

Les toits alsaciens

Le chaume, probablement à l'origine de la forte inclinaison des toitures, n'est plus utilisé dans la région depuis le XVIIème siècle. En effet, dès le XIVème siècle, l'utilisation de la tuile plate s'est généralisée dans la région, d'abord sous la forme d'une écaille en arc brisé, puis, à partir du XVIème siècle, en arc de cercle, prenant alors la dénomination de queue de castor, pour devenir d'un usage quasi général.

 

 

Ses dimensions s'inscrivent dans un rectangle de 15 x 35 cm, dont la surface est généralement striée afin de faciliter l'écoulement des eaux. Elles peuvent être disposées à liaisons continues, des planchettes de bois assurant alors l'étanchéité, ou à joints décalés,  sur une ou deux épaisseurs superposées.

De nos jours toutefois, cette tuile queue de castor est progressivement remplacée par des tuiles mécaniques.

 

La reproduction en miniature des tuiles queue de castor

La découpe de ces tuiles de forme particulière se fera à l'aide d'un emporte pièce spécialement réalisé à cet effet. Celui-ci est mis en forme à l'aide de mini meules dans une queue de forêt de 2 mm de diamètre.

 

 

J'ai ensuite dessiné sur ordinateur une grille aux dimensions des tuiles, me servant de guide et de gabarit pour la découpe. Cette grille est imprimée sur un papier blanc de 160 gr. Afin de gagner du temps, il est possible de découper 3 ou 4 épaisseurs en même temps, le papier étant alors maintenu par agrafage.

 

 

Après découpe de l'arrondi à l'emporte pièce, les tuiles seront marquées sur les bandes d'un trait de cutter.

 

 

Elles sont ensuite collées en place sur la toiture à la colle à bois vinylique.

 

 

Après la mise en couleur du toit, il sera possible de réaliser la large croix en tuiles vernissées vertes, disposée au-dessus des pièces d'habitation des fermiers.

 

 

Les derniers détails

Il ne restera plus alors qu'à parfaire le détail de l'ensemble, en reproduisant les épis de maïs séchant à l'air sous l'abri du toit débordant, ou en offrant un nid aux cigognes de passage, nous sommes en Alsace tout de même !

 

 

Ainsi, après quelques heures d'un agréable loisir, l'amateur peut disposer sur son réseau cette belle reproduction d'une ferme typique du Sundgau, tout en rêvant d'horizon lointain, comme cette pauvre fermière dérangée par le passage au loin de l'Arlberg-Orient-Express sur la ligne 4 de l'ancienne Compagnie des Chemins de fer de l'Est.

 

 



20/01/2010
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