Une ferme Bretonne

Comme sujet d'inspiration, je vous propose au préalable une visite à Poul Fétan, littéralement La mare de la Fontaine, petit hameau situé dans la vallée occidentale du Blavet, entre Pontivy et Hennebont.

Ce village, parfaitement restauré, est caractéristique de l'habitat breton, notamment du type morbihannais, du XVème au XVIIIème siècles, avec ses chaumières à maçonnerie de granit ouvragé, ses encadrements de portes arrondis ou en ogives, ses escaliers extérieurs et ses ondulations de toitures...

 

Vous y retrouverez en saison, de  multiples animations replaçant dans leur contexte d'origine les activités agricoles de ce bourg abandonné dans les années 1970, et aujourd'hui repris par une association de bénévoles.

 

 

Une chaumière bretonne en HO, où les nécessaires adaptations de l'échelle de reproduction ! 

Pourquoi ce titre si long ? En fait, lors de ma visite à Poul Fétan, j'avais consciencieusement relevé les principales dimensions des bâtiments que je souhaitais reproduire au 1 : 87ème, afin d'en proposer un plan à l'échelle.

Cependant, la technique que j'utilise pour la reproduction des toitures de chaume, voir la ferme auvergnate, allait réduire un peu mes prétentions !

En effet, la matière utilisée dans ce cas, sorte de tampon à récurer de couleur blanche, n'est disponible qu'en plaques de 220 x 140 mm. Et encore, la longueur effectivement disponible est-elle limitée par la reproduction des arrondis de toitures si caractéristiques des constructions morbihannaises !

Alors, pour éviter d'avoir un raccord disgracieux au milieu de ma toiture, j'ai volontairement limité la longueur de la construction à 200 mm, pour une largeur de 60 et une hauteur du mur pignon de 70.

Comme quoi, chaque miniature n'est finalement qu'une interprétation de la réalité.

 

La structure des bâtiments

Quoi qu'il en soit, la structure générale des bâtiments est réalisée très classiquement en carton bois de 3 mm d'épaisseur, disponible chez Rougier & Plé ou Graphigro, sur lequel je colle à la cyanoacrylate les éléments de maçonnerie venant de plaques Slater's référence 419.

 

 

La première étape consiste à la mise en place des divers éléments des murs sur la feuille de maçonnerie.

 

 

Le détourage se fait ensuite au cutter.

 

 

Je termine la préparation des pièces à la lime.

 

 

Il ne faut toutefois pas oublier de laisser dépasser à chaque angle  le plastique pour compenser l'épaisseur du mur pignon, et réaliser ainsi un raccord parfait à ce niveau.

 

 

Ces raccords d'angle seront ensuite cachés par les pierres de parement, évoquées par un bristol fort ou du Canson mi-teinte à grain, mis en place avant la mise en peinture de l'ensemble de la maçonnerie.

Mais nous n'en sommes pas encore là.

 

La réalisation de la tourelle en demi cercle

Ce bâtiment ne présente aucune difficulté particulière, si ce n'est la présence d'une tourelle en demi-cercle abritant un escalier intérieur.

 

 

Pour ce fait, j'ai découpé au cutter compas OLFA deux demi-cercle de 33 mm de diamètre.

 

 

Il est à noter que l'utilisation de cet outil n'est pas d'une précision diabolique. Nous sommes tout de même très loin d'une découpe laser !

Quoi qu'il en soit, la précision est suffisante pour ce que nous avons besoin de réaliser, et les deux demi-cercles sont réunis par deux entretoises de 20 mm de largeur, disposées en rayon.

 

 

L'ensemble est alors posé en bout du mur pignon, et maintenu en place par une équerre à chapeau.

 

 

La feuille de maçonnerie plastique est ensuite enroulée sur cette structure, et l'excédent coupé au cutter.

 

 

La mise en place des éléments de toiture

La structure de base de la maison réalisée, il sera possible de mettre en place les éléments qui recevront la mousse du tampon à récurer évoquant le chaume.

S'agissant de maisons bretonne, dont une des caractéristiques est de posséder des murs pignons largement débordant du niveau de la toiture afin d'assurer la protection contre les vents, les cartons de base seront encastrés d'environ 5 à 6 millimètres à l'intérieur de la construction.

 

 

Ces éléments plans étant mis en place, reste à réaliser les toitures de la tourelle et des lucarnes.

La base de la toiture de la tourelle est en deux parties ; la première est réalisée classiquement en carton, en deux parties triangulaires, alors que le demi cône en arrondi est quant à lui mis en forme à partir de mastic type Sinforer appliqué à la spatule.

 

 

Les ondulations de la base de la toiture au niveau des lucarnes sont réalisées de la même manière. Il convient alors de procéder par étapes successives, jusqu'à obtenir la meilleure forme et de poncer ensuite l'ensemble afin d'obtenir une surface sur laquelle pourra être collée la mousse reproduisant le chaume.

 

La mise en place des pierres de parement et du chaume

Ces pierres de parements, disposées aux angles du bâtiment, au sommet des murs pignons, ou dans les encadrements de portes et de fenêtres, sont tirés dans une feuille de bristol fort, genre 160 gr/m².

Après découpe sur le plan de travail, la mise en place se fait par collage à la cyano. En effet, la colle blanche à bois ne possède pas une tenue suffisante pour adhérer sur le plastique des maçonneries.

Les joints entre les pierres sont ensuite marqués d'un trait  de cutter.

 

 

Ces opérations réalisées, il sera possible de mettre en place les éléments reproduisant le chaume, en commençant, pour le bâtiment annexe, par la couverture du corps central, puis celle de la tourelle, pour laquelle il faudra ajuster progressivement le tampon jusqu'à trouver la bonne forme.

 

 

Pour le collage proprement dit, réalisé après une mise en couleur de la base des toitures en brun, de façon à éviter que ne ressortent ensuite d'éventuelles zones blanches sur la maquette, j'ai utilisé de la colle cyano, permettant un maintient quasi instantané de la matière, ce que ne permet pas la colle vinylique que j'avais utilisée pour ma chaumière auvergnate. En effet, il faut tenir compte ici des zones courbes au-dessus des lucarnes ou sur la tourelle.

La peinture du chaume sera ensuite réalisée à partir d'un mélange de peinture acrylique blanc, gris de Payne et terre d'Ombre, appliqué à la brosse.

 

 

Cette teinte de base pourra alors être plus ou moins patinée en drybruch de blanc et de vert olive, afin d'évoquer les mousses qui colonisent ce type de toiture en climat humide.

Reste à évoquer le faitage des toitures, ici planté traditionnellement d'iris.

J'ai utilisé pour cela les filets MiniNatur, dans le cas présent la référence feuillage de bouleau de fin d'automne.

Après avoir découpé dans le sens du tissage du filet une bande de 5 mm de largeur, celle-ci est mise en place, et collée de quelques points de colle à bois.

 

 

Il ne reste alors plus qu'à poser les portes et fenêtres, avant d'intégrer la maquette sur le diorama ou le réseau.

 

 



20/01/2010
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