L'architecture normande : le vieux Lisieux

 

La Normandie de carte postale existe. Quelques vaches paissant l'herbe grasse d'un clos de pommiers en fleurs, sur fond de chaumière ou de manoir à colombages. C'est en Pays d'Auge, et nulle part ailleurs.

Toutefois, plutôt que de vous proposer la reproduction d'une de ces fermes, j'ai préféré pour cet article, essentiellement consacré à la technique de réalisation des colombages en miniature, vous convier à une visite de ce que fut la capitale des constructions à pans de bois.

Je veux naturellement parler de Lisieux, avant que les destructions du 6 juin 1944 n'anéantissent cet incomparable patrimoine, couvrant une période se déroulant de la fin du moyen âge jusqu'à la Renaissance.

 

 

 

 

La structure des bâtiments

Cependant devant l'ampleur du projet, et ne disposant pas d'un temps illimité, je souhaitais au préalable développer une technique de reproduction des constructions à pans de bois plus rapide que la découpe pièce après pièce, dans de véritables profilés de bois, des éléments de charpente, leur ajustage puis leur mise en place sur la maquette. 

En cela, l'expérience de la construction des remises à locomotives du dépôt de Lisieux, avec leur charpente intégralement reproduite, m'avait servi de leçon. C'est beau, certes, mais beaucoup trop long !

Mais il ne fallait pas non plus trop sacrifier au réalisme. Après quelques essais, je me suis arrêté sur une méthode donnant satisfaction.

 

Sur le principe, il s'agit de dessiner un premier plan de la maison à reproduire, de coller sur un carton contrecollé ce dessin, d'évider l'entrecolombage au cutter avant de le garnir d'un enduit de plâtre.

 

 

 

De ce fait, les colombages sont reproduits en carton, et la méthode allie rapidité, toute relative tout de même, comptez une dizaine d'heures pour la construction complète de la maison présentée ici, et solidité. 

 

 

La préparation des pièces

La première étape consiste donc à coller le dessin de la construction envisagée sur une surface de carton contrecollé de 2 millimètres d'épaisseur. Pour cela, j'utilise de la colle néoprène en bombe, permettant un assemblage instantané, l'important étant de pulvériser un simple voile de colle, sans mouiller le papier pour éviter toutes déformations.

Les éléments de murs découpés, il faudra évider les ouvertures, avant de marquer d'un trait de cutter à mi-carton, les colombages.

 

 

 

Cette opération permettra d'évider l'entrecolombage et épluchant en quelque sorte le carton dans son épaisseur.

 

 

 

 

Avant toute autre intervention, il sera nécessaire d'une part de solidifier la structure des pièces dont la carton aura été fragilisé, et d'autre par de les protéger contre l'humidité du plâtre qui reproduira le h

Pour cela, je n'ai rien trouvé de plus efficace que d'appliquer sur la surface entière de la pièce de la colle cyanoacrylate, qui va en polymérisant véritablement plastifier l'ensemble. 

 Attention toutefois lors de cette opération aux vapeurs de colle, très irritantes pour les yeux, et accessoirement, aux doigts !

La colle étant sèche, il ne restera plus qu'à graver à la pointe d'un cutter les colombages en carton afin d'évoquer les irrégularités du fil du bois.

 

 

 

 

Il faudra ensuite ajuster la coupe en biseau à 45° permettant le raccord des murs de façades et de pignon à l'aide d'une ponceuse à disque.

 

 

 

 

L'assemblage des pans de bois

Les opérations de préparation des pièces étant achevées, il est temps de passer à l'assemblage de la maquette. S'agissant d'une construction en encorbellement, la première étape consiste à coller entre elles, les pièces d'angle formant chaque étage.

 

 

 

 

Puis de les assembler, toujours étage par étage, aux murs mitoyens. Le collage peut très bien se faire à la colle cyanoacrylate.

 

 

 

 

Le débord dû à l'encorbellement sera assuré d'un côté par la découpe du mur mitoyen, et de l'autre par un petit taquet de carton, collé dans le prolongement du mur inférieur, sur lequel prendra appuis le mur supérieur.

 

 

 

 

L'assemblage des gros œuvres étant terminé, il est possible de détailler l'ensemble, en rapportant les différentes pièces de détail du colombage, ici, un couvre joint sur les allèges sous les appuis des fenêtres des étages.

 

 

 

 

Pour cela, il est utile de s'aider de quelques photos de maisons réelles.

 

 

Le remplissage des entrecolombages

Avant de remplir l'espace de l'entrecolombage, il convient de peindre l'ensemble de la structure du bâtiment dans la couleur définitive des boiseries. Pour cette maison, j'ai utilisé un mélange de peinture Humbrol brun 62, sable 84 et noir mat 33.

 

 

 

Une fois la peinture parfaitement sèche, le remplissage évoquant le torchis se fera au plâtre synthétique blanc à couler disponible chez Rougier et Plé sous la désignation Staturoc.

La masse de remplissage, pas trop liquide est déposée, goutte après goutte à l'aide d'une petite spatule.

 

 

 

 

Les éventuels débordements seront ensuite grattés à la spatule après la prise du plâtre.

 

 

La finition du bâtiment

Cette délicate opération étant réalisée, il ne reste plus qu'à couvrir le bâtiment de sa toiture, réalisée selon la méthode classique par superposition de bande de papier Canson, graver à l'aide d'une épingle les pierres de soubassement.

 

 

 

 

Il restera alors à placer les derniers détails, comme ce chevron arbalétrier polylobé.

 

 

 

 

Avant sa mise en place sur le réseau, ma maison d'angle assure le fond de décor d'une scène de marché réalisée par l'ami Robert Gesuelli, un augeron de grand talent qui a réalisé l'ensemble des figurines de cette scène selon sa technique habituelle, en papier et carton.

 

 

 

 



27/01/2010
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