Eau : l'utilisation du plexi

On se souvient du réseau reproduisant les six kilomètres de la ligne Paris/Modane longeant la côte Est du Lac du Bourget, réalisé à l'échelle N par le Club de Modélisme Ferroviaire d'Albens (Loco Revue 560).
La reproduction de l'eau du lac faisait appel à de la colle à carrelage teintée. La simulation des vaguelettes était obtenue en posant à la surface de la colle fraîche des chiffons, qui étaient retirés juste avant la prise de celle-ci.
Pour ma part, lors de la construction du réseau reproduisant le site des Eyzies-de-Tayac, j'avais mis en œuvre une résine polyester transparente pour inclusion. Quatre couches furent nécessaires. Les deux premières avaient été teintées aux colorants universels, afin de reproduire l'aspect brunâtre des eaux de la Vézère. La dernière couche avait été longuement travaillée au pinceau, en fait tout au long de la polymérisation de la résine, afin d'obtenir les ondulations et les remous dus à l'effet du courant.




Si l'aspect final était satisfaisant, ce fut tout de même au prix d'un très long travail, notamment au moment de la coulée de cette fameuse dernière couche. En outre, avec le temps, la résine a tendance à travailler. La surface s'est ainsi décollée sur les rives, et une fissure a fait son apparition au droit d'une des piles du viaduc. 
Pour le réseau reproduisant le site de la gare de Dives-Cabourg, je souhaitai explorer une nouvelle voie. En effet, cette gare est bordée par la Dives, que la ligne des Chemins de Fer du Calvados traversait, et qui est donc un des éléments de décor à reproduire.




Une structure en mille feuilles

Cette fois-ci, l'évocation de l'élément liquide se fera à l'aide d'une plaque de plexi, simulant la surface de l'eau, travaillée de manière à représenter les ondulations de la rivière, posée sur un fond creux donnant de la profondeur à l'ensemble.
La structure sera ainsi composée d'une plaque de contreplaqué de base, qui sera ensuite assemblée à la charpente proprement dite du réseau.
Sur celle-ci, j'ai disposé des tasseaux de 30 mm d'épaisseur, puis une nouvelle plaque de contreplaqué de 10 millimètres. L'épaisseur totale, 40 mm, correspond ainsi aux dimensions des plaques de polystyrène extrudé utilisés pour réaliser le relief des berges. (Photos 1 et 2). Le tasseau de façade, qui supportera la plaque de plexi aura quant à lui une hauteur de 40 millimètres, le plexi prenant appui à la fois sur le contreplaqué à l'arrière et sur le tasseau de façade.

 

La préparation du fond

Le relief «sous-marin» des berges est alors  constitué de polystyrène extrudé mis en forme au cutter (Photo 3), avant d'être recouvert d'un enduit, dans le cas présent du plâtre à modeler Polyfilla.
Pour la mise en forme de cet enduit, plutôt que d'utiliser une classique spatule, qui à toujours tendance à laisser des marques, j'ai préférer lisser la surface à la main, mais en prenant toutefois la précaution d'utiliser pour cette opération des gants en latex (Photo 4). Le lit de la rivière est maintenant terminé, avec des berges inclinées d'environ 45 à 55 degrés.
Après séchage du plâtre, l'étape suivante consiste à mettre en couleur le fond. Pour cela, j'ai utilisé des peintures acryliques Gerstaecker, disponibles en bidons de 500 ml, ou Pébéo, en tubes de 250 ml, en dégradant les teintes du plus clair, correspondant aux bords de la rivière, vers le plus sombre, figurant les profondeurs du cours d'eau (Photo 5).
Les mélanges ont fait appel aux traditionnelles terre de Sienne naturelle, terre d'Ombre brûlée, ocre jaune, vert olive, additionnés d'une pointe de bleu Phtalo.
A ce niveau, il ne faut pas rechercher à tout prix la ressemblance des teintes avec une quelconque réalité, mais au contraire à forcer le trait. En effet, le fond sera simplement deviné au travers du plexi teinté qui modifiera énormément la perception des couleurs.
Par contre, et notamment à proximité du bord, il peut être intéressant d'intégrer quelques détails, algues, rochers... qui seront ensuite devinés.



Le traitement des eaux

La reproduction proprement dite de la surface de l'eau fait donc appel à une plaque de plexi ou de verre acrylique.
La première étape consiste à mettre en couleur la face inférieur de celle-ci, à l'aide de peintures acryliques appliquées à l'éponge. Cette méthode permet d'obtenir une surface irrégulièrement couverte, plus réaliste qu'un passage à l'aérographe par exemple, technique que j'avais préalablement testée.
Pour la Dives coulant aux pieds de la gare de Cabourg, j'ai utilisé un mélange de vert olive, de bleu Phtalo et d'ocre jaune, destiné à reproduire une eau brun verdâtre, assez caractéristique des rivières (Photos 6 et 7).
Par contre, les eaux de la Manche, baignant la sortie du port, entre Houlgate et Dives, pourront être traitées dans des gammes allant du gris au bleu.
Cette première phase étant terminée, il est alors possible de traiter la surface de la rivière. Les ondulations sont réalisées à partir de médium acrylique liquide brillant, mis en forme à l'aide d'un pinceau brosse (Photo 8).
Il existe plusieurs formulations de ces produits : liquide, en gel plus ou moins épais, brillant ou mat, encore complétées de gel de texture permettant d'obtenir différents effets.



Ainsi, après une première application de médium liquide, j'ai intégré par endroit quelques zones traitées au gel épais, afin d'évoquer des remous plus marqués  (Photos 9 et 10).
Comme toujours dans ce genre d'exercice, il peut être intéressant de réaliser quelques essais préalables, afin de valider telle ou telle association de produits en fonction des résultats recherchés.

Les rives
Après avoir traité le fond de la rivière ou du bord de mer, et la surface de l'onde, il reste à réaliser les rives proprement dite, et à assurer la liaison de l'ensemble.
Naturellement, en fonction de la géographie du terrain, plage de sable fin à la pente très douce, bord de rivière, comme c'est la cas dans l'exemple qui nous intéresse, ou côte rocheuse tombant à pic des les flots, les techniques mises en oeuvre pourront varier.
Ici, la rivière, qui subit l'influence des marées avec un marnage assez peu marqué toutefois, laisse sur les berges une zone de limons boueux, d'aspect lisse, et  aux couleurs incertaines, brun-gris verdâtre, sans végétation.
La première étape consiste donc à former la structure du relief de la berge, qui prendra appui ensuite sur le plexi formant la surface même de l'eau, en mettant en forme au cutter une plaque de polystyrène extrudé (Photos 11 et 12).



Seule une bande d'environ 10 à 15 centimètres sera traitée de cette manière. Pour le reste, la différence de niveau entre la surface de l'eau et la berge, ici environ 4 centimètres, sera compensée par la mise en place d'une nouvelle plaque de contreplaqué posée sur des tasseaux, d'où cette structure en mille feuilles évoquée précédemment. Cette nouvelle plaque servira de plan de roulement pour les voies.
Le polystyrène mis en forme est enduit de plâtre. Cette opération se fait sur une surface plane, une plaque de stratifié par exemple, de manière à créer une base à la géométrie la plus rigoureuse possible, pour s'adapter à la surface du plexi sur lequel elle reposera ensuite.
Au moment du montage final, le plexi est vissé sur le contreplaqué  arrière, et simplement posé sur le tasseau à l'avant du réseau, afin de ménager une possibilité de travail pour des matériaux de différentes natures (Photo 13).



La berge est alors rapportée, et collée en place. L'espace disgracieux qui subsiste entre la base de la berge et la surface de l'eau sera traité au gel acrylique. Selon les cas, il pourra s'agir d'une zone ou viennent mourir doucement quelques vagues, comme sur une plage de sable, ou encore d'une zone rocheuse où le fort clapotement entraîne la formation d'écume blanche. Point de tout cela ici, mais plutôt un écoulement régulier de l'eau, sans grandes perturbations, parfaitement évoqué en mettant en oeuvre un gel médium épais (Photo 14),
Dans le cas d'une écume formée par l'eau frappant sur des rochers, il sera préférable d'utiliser un médium gel de texture avec des fibres mélangées, disponible chez Liquitex. Par contre, l'évocation d'une plage se fera au médium liquide, avec lequel on pourra évoquer la succession des vagues.





Les mêmes recettes seront naturellement appliquées sur le diorama qui évoquera les bords du Léman et la ligne du Simplon, qui sera réalisé dans le cadre de l'illustration des lignes de l'Orient-Express.
Pour l'heure, je me prépare en prennant quelques clichés du site au droit des terrasses de Lavaux en compagnie des amis Daniel et Sylvain, un verre d'Epesses à la main, alors que passe qu'une Re 4/4 à destination de Villeneuve.
Une petite idée du bonheur !






02/01/2007
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