Leviers d'aiguille et transmissions rigides

Elément de décor très souvent absent des réseaux miniatures, ou simplement négligé, l’évocation des commandes des aiguillages donne pourtant beaucoup de relief à des zones d’avant gare trop souvent plates et sans détails.

Je ne parle naturellement pas dans ce chapitre de la commande des moteurs des voies modèles par électroaimants ou autre moteurs lents, implantés sous la plateforme de roulement afin de les cacher, mais de la reproduction des différents dispositifs utilisés en réalité, et eux parfaitement visibles le long des voies. 

Voyons donc ce que sont leviers d’aiguilles, commandes par barres rigides, compensateurs et autres genouillères et comment les implanter de manière réaliste sur un réseau modèle.

Notez que je ne parle pas ici des commandes d'aiguilles par cables fumiculaires, plus difficiles à reproduire en modélisme.

 

La commande des aiguillages : à pied d’œuvre ou à distance, mécanique ou électrique ?

En réalité, la commande des appareils de voie a d’abord été effectuée à pied d’œuvre, et très rapidement à l’aide de leviers à contrepoids implantés à proximité immédiate de l’appareil à manoeuvrer.

La lentille contrepoids, pouvant osciller autour du manche du levier, permettait de maintenir en place de manière fiable, selon les besoins, les aiguilles préparées soit pour la voie principale, soit pour la voie déviée et de permettre ainsi à un seul agent de pouvoir réaliser un itinéraire combinant plusieurs appareils.

Ces dispositifs de commande sont encore utilisés de nos jours, mais sur voies de service uniquement.


 

Leviers type L à contrepoids tournants.

 

 

    

 

     

 


 

Leviers Saxby

 

 

 

 

 


 

Leviers type I à crans

 

 

 

 


  

Mais l’augmentation des vitesses et de la densité des circulations allait rapidement obliger les compagnies de chemins de fer à regrouper en un même point le plus grand nombre possible de commandes. Ainsi furent créés les postes d’aiguillages, très rapidement implantés dans une guérite surélevée afin d’offrir une vision panoramique aux agents.

 

 

La transmission du mouvement depuis le levier fut alors confiée à des barres rigides ou à des cables.

 

 

Aujourd'hui, ces dispositifs disparaissent au profit de moteurs électriques implantés sur le côté de l'aiguille, mais les barres rigides sont toujours présentes afin de transmettre le mouvement en plusieurs points des lames d'aiguilles.

 

 

 


  

Les transmissions rigides

Depuis le poste, les aiguilles peuvent être actionnées à distance, jusqu’à 400 mètres, par des transmissions rigides, formées de tubes en fer creux de 6 mètres de longueur et de 34 mm de diamètre intérieur, si les transmissions ne sont pas trop longues, et de 42 mm dans le cas contraire.

 

 

 

L’assemblage des tringles creuses entre elles se fait à l’aide d’un goujon intérieur et d’un manchon extérieur fileté réunis par des rivets.

Ces tringles creuses sont supportées tous les 2 mètres environ par des supports à poulies ou par des boites à rouleaux qui donnent moins de frottement, et par suite, facilitent la manœuvre des leviers.

Le raccord des tringles creuses avec les appareils se fait à l’aide d’un axe, d’une chape et d’une vis de réglage clavetées ou mieux rivée sur la tringle creuse.

Pour combattre les effets de la dilatation, on installe au milieu de la transmission un compensateur horizontal si on a la place, et dans le cas contraire, un compensateur vertical. Les balanciers de ces compensateurs sont à bras égaux.

Les transmissions ne sont pas toujours établies en ligne droite, mais suivant une ligne polygonale. A chaque sommet du polygone on place une genouillère composée d’une manivelle à l’extrémité de laquelle se réunissent les deux parties de la transmission. La genouillère peut être simple ou servir pour plusieurs transmissions.

 

 

Les changements de direction à angle droit se font à l’aide de retours d’équerre ordinaires, et, si en même temps il doit y avoir changement de niveau, on fait usage de retours d’équerre dont les bras sont dans des plans différents et qui peuvent, à l’aide de trous percés à leur extrémité, servir de réglage pour la transmission.

La traversée sous un passage à niveau se fait à l’aide d’un compensateur vertical. 

 

  

 

 

 

Support guide

Les supports guides de transmissions rigides sont à 1, 2, 3 ou 4 poulies.

Les poulies servent de chemin de roulement et de guidage pour les tubes. Elles sont portées par un bâti en fonte percé de deux trous d’axe ; sur l’un des axes tourne une poulie à gorge qui reçoit le tube ; sur l’autre axe tourne un galet qui sert à maintenir le tube ; ces supports guides sont fixés, par l’intermédiaire de 4 trous faits dans leur embase, sur des piquets en béton, en bois ou en fer.

 

 

 

 

  

  

Equerre à niveau

L’équerre à niveau à axe vertical est utilisée en principe pour la déviation des transmissions dans un même plan horizontal.

Elle est montée sur une platine en fonte ou sur un support – arcade fixé sur un socle de fondation ou sur châssis bois.

La platine porte un axe vertical sur lequel est monté l’équerre proprement dite et dont l’extrémité est coiffée d’un écrou goupillé.

Ils sont à bras égaux ou inégaux. Les équerres à bras inégaux servent à l’attaque des appareils de verrouillage.

 

 

Arbre vertical avec deux bras en équerre

Les arbres verticaux  à bras en équerre sont des appareils qui servent aux déviations des transmissions rigides dans deux plans horizontaux différents.

Il existe des arbres verticaux à bras en équerre à droite ou à gauche, à bras parallèles, à bras réglables (ces derniers sont utilisés pour les attaques des aiguillages ou des verrous).

La course de ces appareils est limitée à un angle de 35) afin d’éviter une déformation des tringles raccordées sur les bras.

Ces appareils se composent d’un bâti en fonte sur lequel est adapté un arbre vertical à bras qui pivote sur des axes guidés par des supports et paliers munis de grains en acier. On peut les monter sur des socles de fondation ou les fixer au sol au moyen de ferrures et de scellements.

Ces appareils font compensateurs lorsqu’ils inversent le sens du mouvement.

 

 

 

  

Balanciers

Les balanciers servent à la compensation et à la déviation dans différents plans, verticaux  ou horizontaux, des transmissions.

Ils sont donc placés horizontalement ou verticalement.

Leur course est limitée dans les mêmes conditions et pour les mêmes raisons que les arbres verticaux à bras en équerre.

Ces appareils sont montés sur un bâti en fonte qui se fixe sur un socle de fondation scellé.

 

 

 

 

 

Compensateurs à crémaillère

Le compensateur à crémaillère est un appareil que l’on emploie sur les transmissions longues.

Il peut compenser une transmission de 300 m environ et sa course est de 340 mm ; son déplacement rectiligne dans le même plan que les transmissions auxquelles il est relié évite les déformations que l’on risque d’obtenir avec les autres compensateurs.

Cet appareil est constitué par deux flasques en fonte qui forment le bâti. A l’intérieur de ces deux flasques, deux axes supportent, l’un , un galet guide de crémaillères, l’autre, le pignon denté qui reçoit les 2 crémaillères, l’une supérieure, l’autre inférieure, réunies aux transmissions par l’intermédiaire de 2 colliers en 2 parties clavetées

Cet ensemble est fixé sur un socle de fondation que l’on scellera à la pose.

 

 

Genouillères

Les genouillères sont des appareils qui permettent de faire épouser des tracés en courbes aux transmissions rigides. Il en existe des simples, doubles, triples, quadruples, quintuples et sextuples

Elles sont horizontales ou obliques, avec manivelles à 1 axe ou à 2 yeux d’attelage.

Ces appareils se composent d’un support fonte sur lequel est fixé l’axe central de rotation qui sert de pivot à la manivelle à l’extrémité de laquelle se raccordent les transmissions. L’ensemble est fixé par 4 boulons sur un socle de fondation et ensuite scellé.

 

 



03/03/2011
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