Quelques principes de menuiserie

Avant de nous lancer dans les grands travaux, nous allons tout d'abord préciser quelques techniques de base concernant l’assemblage des divers éléments constitutifs de notre future construction.

Nous ne parlerons dans ce chapitre que des assemblages concernant les structures en bois. En effet, le montage des structures en cornières métalliques se faisant exclusivement par vissage, cette méthode de construction n’appelle pas de commentaire particulier.

 

Le traçage des pièces avant découpe 

Vous disposez d’un plan coté qu’il faut maintenant reporter sur la surface du contre plaqué à découper. Dans ce domaine, plus le tracé sera précis, plus la découpe le sera !

Préférez pour cela un crayon à mine de 0.5 mm plutôt que le crayon de charpentier que laisse un trait de 5 mm d’épaisseur !

De la même manière, un réglet métallique sera toujours plus précis que le traditionnel double mètre pliant en bois.

Enfin, point de tracé sans une équerre de bonne dimension, pas trop petite et soigneusement entretenue : une équerre, ce n’est pas un marteau !

Lors du traçage proprement dit, ne pas oublier de tenir compte de l’épaisseur de la lame et du trait de coupe. On comprends alors qu’il n’est pas possible de tracer deux pièces à découper en faisant coïncider sur la même planche leurs traits de coupe.

En effet, la coupe se fera toujours à l’extérieur du trait, de manière à conserver la cote après ajustage. Une coupe sur le trait, ou à l’intérieur fait perdre de nombreux millimètres...

Ainsi chaque pièce à découper sera tracée séparément.

 

Ajustage et finition des pièces 

Si les coupes ont été soigneusement réalisées, un simple passage d’une cale à poncer équipée d’un papier abrasif grain moyen peut suffire à dresser parfaitement les faces.

Si la découpe a été plus grossière, ou le tracé irrégulier, il pourra être fait appel à une râpe, en complétant le travail au papier de verre gros grain, puis grain moyen.

Cependant ces opérations ont pour conséquences de réduire les dimensions des pièces travaillées. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de couper à l’extérieur du trait, de manière à garder en réserve suffisamment de matière pour assurer une parfaite finition.

Mais soyons clair, suffisamment de matière, cela ne veut pas dire 1 cm !

 

Clouage et vissage, rappel des principes de base 

En ce qui nous concerne, l’assemblage des éléments d’une charpente de réseau se fera soit par clouage, soit par vissage. Dans les deux cas, l’assemblage des pièces sera souvent avantageusement confirmé par un collage complémentaire. Mais quoi qu'il en soit, un collage seul ne pourra jamais suffire à un assemblage durable.

 

Les principes de clouage  

En règle générale, il convient de prévoir des clous d'une longueur ayant 2,5 à 3 fois l’épaisseur de la pièce à fixer. Ainsi, pour la fixation d'une planche de 10 mm d'épaisseur sur un élément de charpente, un clou de 30 mm de longueur est-il parfaitement adapté.

Dans le cas d’un clouage sur une des extrémités d'un tasseau, il existe d’importants risques de fendre le bois, réduisant ainsi quasiment à néant l'efficacité de l'assemblage. Prévoyez alors une longueur supérieure de 50 à 100 mm pour l'élément à assembler que vous couperez ensuite aux bonnes dimensions lorsque le clouage sera réalisé.

De la même manière, et pour les mêmes raisons, évitez d’enfoncer plusieurs clous sur une même ligne, dans le fil du bois, à l’extrémité d’un élément à fixer. Vous provoqueriez ainsi un véritable effet de «coin», parfaitement efficace pour fendre vos bûches pour l'hiver, mais hors de propos en ce qui nous concerne !

 

Les principes de vissage 

Pour la réalisation d’un assemblage par vis, commencez par marquer, sur la pièce devant être assemblée, l’emplacement des vis à l’aide d’une pointe carrée, mais un simple clou peut très bien convenir pour cette opération. Percez ensuite au diamètre de la tige des vis qui serviront à la fixation des éléments.

Réalisez ensuite une fraisure qui permettra de noyer la tête de la vis dans l’épaisseur du bois. Celle-ci peut être réalisée soit avec une fraise spéciale, soit plus simplement avec un forêt de gros diamètre.

Sur la pièce destinée à permettre au filet de la vis d’assurer l’assemblage, marquez de la même manière l’emplacement des vis, puis percez les avant trous d’un diamètre moitié plus petit que le filet des vis. La profondeur de l’avant trou sera également de la moitié de la longueur des vis.

En cas de fixation d’une pièce épaisse, comme par exemple une traverse sur un porteur en L, il sera nécessaire de réaliser un sur-alésage des trous des vis, afin de leur permettre de pénétrer suffisamment pour que les filets puissent assurer normalement leur fonction d'assemblage.

En cas de fixation dans du bois debout, il peut être nécessaire de renforcer l'extrémité de la pièce par un goujon collé, positionné en travers du fil du bois, ce qui limite les risques d'arrachement des vis qui seraient fixées sinon dans le sens du fil du bois, et de ce fait sans réelle prise.

 

Les principes d’assemblage 

Nous voilà maintenant en mesure d’envisager la réalisation de nos premiers assemblages.

Il en existe naturellement différents types, du plus simple au plus sophistiqué : du modeste assemblage par clouage, à la réalisation de tenon et mortaise, ou de queue d’aronde.

Pour ce qui est de nos besoins, les assemblages les plus simples en T ou en L seront dans tous les cas largement suffisants. Toutefois, afin d’être parfaitement efficace, un assemblage, quel qu'il soit, devra toujours être réalisé avec le maximum de précision au niveau du traçage et des coupes.

 

Assemblage en T, à mi-bois ou à plein recouvrement  

Ce type d’assemblage, particulièrement facile à mettre en oeuvre, est quasiment d’un usage universel pour la réalisation des châssis des réseaux, ou des modules.

La réalisation d’une rainure permet de renforcer l’assemblage et facilite le positionnement des pièces, surtout dans le cas d'utilisation de clous pour la fixation. A défaut, il faudra utiliser une cale et un serre joint pour immobiliser la traverse et éviter ainsi qu'elle ne se déplace sous l'effet des coups de marteau.

Naturellement, l'utilisation de vis permet des assemblages beaucoup plus précis et solides.

Quoi qu'il en soit, les rainures sont réalisées en pratiquant deux traits de scie, puis en dégageant l’emplacement au ciseau à bois. Il faudra surtout veiller lors de cette opération à travailler sur une surface en bois, le mieux étant un établi de menuisier, de façon à ne pas détériorer la lame du ciseau risquant de venir au contact d'une surface dure.

L’emploi d’équerres se vissant à plat sur la surface des deux éléments à assembler, ou dans l’angle formé, constitue aussi un excellent renfort dans le cas d’un assemblage en T.

Dans le cas d'un assemblage en T «à mi-bois», les deux traverses étant de même épaisseur, une coupe sera réalisée sur chacune, égale à la moitié de l’épaisseur, de façon à obtenir un assemblage affleuré.

Dans le cas d'un assemblage en T «à plein recouvrement», la traverse étant significativement moins épaisse que le montant, celui-ci est découpé pour recevoir toute l’épaisseur de la traverse.

 

Assemblage en L 

Ce type d’assemblage est naturellement destiné aux assemblages d’angles. Il faudra alors prévoir des cales de section carrée, ou triangulaire, offrant une profondeur suffisante pour permettre aux vis d’assemblage d’assurer leur fonction. Celles-ci seront toujours positionnées de façon décalée, de manière à éviter les risques de fente du bois et à empêcher qu’elles ne se gênent entre elles. Il est aussi possible de renforcer ces assemblages par l’emploi d’équerres plates en L, ou encore de simples plaques triangulaires réalisées dans une feuille de contre-plaqué.

 

Le perçage d’une ouverture 

Il peut être nécessaire de percer une large ouverture dans une pièce. La première étape consiste naturellement à tracer précisément la pièce à réaliser. Puis, une série de trous d’amorce sera effectuée, à chaque angle de l’ouverture à dégager. Ces trous doivent permettre le passage de la lame de la scie sauteuse, un diamètre de 10 mm est suffisant.

Notez que pour ces opérations de perçage, la pièce est immobilisée par un serre-joint. La découpe peut alors être faite, en maintenant toujours la pièce fermement sur la table.

Les finitions pourront se faire à la râpe, ou au papier de verre.

Par contre, lors du perçage, il est utile de placer sous la pièce à percer, une plaque de bois de rebut, ce qui permettra d’obtenir une coupe nette, sinon, le bois éclatera. Outre des considérations esthétiques, vous risquez alors de prendre quelques échardes dans les mains.

 

 

 



02/09/2010
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