Une ferme provençale

Je vous invite maintenant à travailler un matériau que je connais bien : la pierre synthétique !

Bien loin de présenter un aspect rigide, immuable, la pierre synthétique, comme tous les matériaux, peut se travailler.

On peut ainsi percer une ouverture supplémentaire pour une porte ou une fenêtre ; la couper, pour corriger l'angle d'un toit, comme ici pour le pigeonnier Auxois qui est en train de se métamorphoser en archétype provençal par la grâce d'une scie à ruban (Attention les doigts !) ; la poncer afin d'affiner une pièce ou de l'ajuster.

Il conviendra juste de garder à l'esprit le coté cassant du matériau, en agissant avec la plus extrême prudence, mais en cas de malheur, il est facile de recoller les morceaux, comme je l'ai fait pour la façade de ma grange...

C'est donc à partir d'éléments moulés dans cette matière que j'ai réalisé ce mas provençal, de dessin libre, contrairement aux autres bâtiments présentés ici, qui reproduisaient des constructions réelles.

 

 

Un mas provençal d'origine bourguignonne !

La base utilisée pour la réalisation de ce mas, est l'ensemble de ferme bourguignonne de Daniel Coutier, comprenant les habitations et les granges de la «Petite Dame Guie» et de la ferme des «Guyots» ainsi que le pigeonnier Auxois.

Pour cette réalisation, je souhaitais m'inspirer des fermes typiques du haut pays si cher à Giono, quelque part entre Banon et le Contadour ; entre Manosque et Forcalquier ; dans un lieu où la rigueur de l'environnement et du climat ont imposé une architecture minérale austère et sans fioritures, mais en parfaite harmonie avec le paysage.

Travaillant sans plans, la première étape fut de dresser l'inventaire des pièces disponibles afin de déterminer les éléments pouvant être intégrés en l'état, ceux devant être modifiés, et les pièces inutilisables, comme les éléments de toitures par exemple.

 

 

Pour le mas, j'ai ainsi utilisé sans les modifier les deux façades latérales de la maison d'habitation de la Dame Guie, mais j'ai retouché les pignons, en adoptant un angle de 30°, plus adapté aux toits de tuiles romaines.

 

 

J'ai ensuite ajusté les pièces entre-elles, procédé à leur ébavurage et préparé l'encastrement des portes et des fenêtres, en dégageant les feuillures des éventuelles bavures, avant de soigneusement dépoussiérer l'ensemble à l'aide d'une brosse à poils durs.

Daniel Coutier recommande l'utilisation de colle à bois à prise rapide pour l'assemblage de ses maquettes. Pour ma part, j'utilise de la colle cyanoacrylate, permettant de réaliser un assemblage rapide et solide, que je confirme toujours, pour ce genre de construction, par des baguettes carrées collées aux angles.

 

 

Les quatre murs assemblés, il convient alors de procéder au masquage des joints.

 

 

Pour cela, on peut utiliser l'enduit spécial proposé par le fabricant, ou encore récupérer la poussière de plâtre issue des travaux sur les pièces et qui reste parfaitement opérationnelle pour cet usage.

L'application de l'enduit sur la zone à traiter, se fera à la spatule, après avoir humecté celle-ci à l'eau claire. 

Après séchage, il sera possible de graver la zone de joint, à l'aide d'une pointe à tracer fine, ou d'une lame de cutter, afin de reconstituer  un appareillage de pierre identique au reste de la construction. De cette manière, le joint est quasi invisible.

 

 

Le pigeonnier

Attributs féodaux jusqu'au XVIIème siècle, les pigeonniers se développèrent ensuite dans les campagnes, mais marquant toujours un certain statut social.

En Provence, ils étaient soit intégrés aux  bâtiments, disposition retenue dans le cas présent, soit implantés au milieu des champs, sous la forme d'une tour carrée ou ronde, dotée d'un toit en tuile, parfois à décrochement.

Pour cette maquette, le pigeonnier Auxois a été modifié pour pouvoir être intégré à l'angle du mur de l'annexe, en dépassant ainsi largement du toit du bâtiment.

 

 

La difficulté réside ici à mettre en forme la toiture dite en «pied de mulet» de la tour.

Pour cela, j'ai découpé la partie supérieure à l'aide d'une scie électrique à ruban, en donnant un angle de 30°.

 

 

L'épaisseur des murs de la partie supérieure, qui dépassent à ce niveau de la toiture, a été ensuite réduite progressivement à l'aide d'un ciseau à bois.

 


 

A ce stade, il est nécessaire de travailler prudemment, afin d'éviter tout éclat dans la gravure. Mais si cela se produisait, il est facile de recoller les morceaux et d'obtenir un résultat parfait.

Les toits font appel à des plaques moulées en résine (voir article sur la ferme du Périgord), qui remplacent les éléments d'origine.

Le seul travail à ce niveau, outre la découpe et l'ajustage des pièces, concerne la gravure à l'aide d'une petite fraise, du dessous des tuiles du bord du toit.

 

 

Pour la décoration de l'ensemble, j'ai utilisé de la peinture acrylique ; gris de Payne, ocre jaune, terre de Sienne naturelle et blanc pour les murs et terre de Sienne brûlée, terre de Sienne naturelle et blanc pour les toitures, qui présentent une forte dominante rosée qu'il convient de nuancer en reprenant les tuiles une à une, puis en appliquant un jus de terre d'Ombre brûlée sur l'ensemble.

 


 

Les bâtiments annexes

La grange du mas a été réalisée en combinant les deux annexes du kit, afin de former un bâtiment tout en longueur, caractéristique des constructions provençales.

Les seules modifications ont concerné les angles de toiture, ramenés à 30°, ainsi que la hauteur de la grange principale, réduite d'une quinzaine de millimètres.

 


 

Avec les pièces restantes, j'ai réalisé un petit cabanon, «pas plus grand qu'un mouchoir de poche» !

 

 

Arrivé au terme de ce travail, je dispose d'un ensemble restituant l'atmosphère des maisons provençales, qui trouvera sa place sur un module reproduisant une section de la ligne des Alpes :

«C'était une ligne secondaire, loin des larges alignées parallèles de rails couchés sur les plaines.» 

Jean Giono.

 



20/01/2010
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi