Une ferme auvergnate

Pour ce genre de construction, deux philosophies s'opposent. La première consiste à reproduire l'original le plus fidèlement possible, y compris dans le choix des matériaux. Dans le cas présent, elle conduirait à graver les murs de pierre dans une plaque de plâtre afin de respecter parfaitement l'appareillage spécifique des maçonneries.

La seconde, plus pragmatique, consiste à mettre en œuvre des produits ou matériaux permettant de gagner un temps précieux, en utilisant dans le cas présent les feuilles de mousse proposées par la firme Heki.

 

 

Une maçonnerie en mousse

La première opération consiste à découper les murs formant la structure du bâtiment, en carton contre-collé de 2 mm d'épaisseur. Attention à tenir compte des épaisseurs cumulées du carton et des plaques de maçonnerie Heki.

 

Celles-ci sont ensuite collées sur le carton à l'aide de ruban adhésif double face. La longueur des murs est alors ajustée en tenant compte de l'épaisseur du carton.

 

 

Notez le dépassement de 2 mm de la feuille Heki réservé à l'extrémité du mur. Les ouvertures sont dégagées quant à elles sans tenir compte des épaisseurs.

 

 

Les façades ainsi réalisées sont maintenant assemblées. Notez la cheminée, dont l'épaisseur du conduit est constituée d'un sandwich de plaques Heki de part et d'autre du contre-collé de la structure.

 

 

Les pierres de parement, ainsi que les linteaux des diverses ouvertures, sont découpés dans du Canson mi-teinte, avant d'être collées en place à la colle vinylique. Attention, certaines colles, comme la cyanoacrylate par exemple, attaquent la mousse des feuilles de maçonnerie Heki.

 

 

Les dalles situées du seuil de la pièce à vivre, au-dessus de l'entrée de la cave, sont gravées à l'aide d'une pointe de crayon au dos d'une chute de mousse Heki. L'escalier d'accès est de la même manière constitué d'un empilement de mousse, collé à la colle vinylique.

 

 

Les pierres de parement d'angle sont marquées d'un trait de cutter après leur mise en place sur la structure. Il est nécessaire d'attendre le parfait séchage de la colle avant cette opération.

 

 

La chaumière des Granier prend forme. Notez que la structure générale de ce bâtiment, qui doit s'intégrer dans une forte pente, ne tient pas compte de celle-ci. Ainsi, la totalité de la surface des murs est-elle recouverte des pierres de maçonnerie, tout comme les parements d'angle. Ce n'est qu'au moment de sa mise en place sur le diorama, que le relief environnant viendra masquer une partie des murs.

 

 

A ce stade, il est possible de choisir de réaliser ou non un aménagement intérieur, parfaitement visible dans le cas de la grange si on laisse les portes ouvertes. Ce qui n'est pas le cas ici.

Les portes, fenêtres et volets sont réalisés en carte plastique de 0,5 mm d'épaisseur qui devront s'encastrer dans l'épaisseur du mur, masquant le carton.

S'agissant ici de menuiseries anciennes, mal équarries, il sera nécessaire de leur donner un aspect irrégulier. La première étape consiste à graver la surface du plastique, à l'aide d'une scie à denture fine, X-Acto par exemple, puis à marquer les joints entre les planches, à main levée, avec un scarificateur à la pointe recourbée, comme le P 450 Olfa.

 

 

Ces éléments seront ensuite très légèrement poncés afin d'ôter les bavures, puis mis en peinture et patinés.

Leur mise en place sur la maquette se fera après décoration à la peinture acrylique de celle-ci. Une première couche de gris clair sera appliquée, mélange de blanc et de gris de Payne, plus ou moins cassé d'une pointe de terre d'Ombre.

Après séchage de cette couche de base, certaines pierres seront soulignées d'un jus de rouge de Mars, plus ou moins nuancé d'une pointe de jaune de cadmium. Après une nouvelle phase de séchage, l'ensemble de la maçonnerie sera couvert d'un jus de blanc crème, largement appliqué, puis essuyé sur la surface des pierre à l'aide d'une éponge, afin de faire apparaître les joints de la maçonnerie en clair.

 

La toiture en chaume

Pour la reproduction des toitures de chaume, j'ai également cherché une technique offrant un rendu correct, mais rapide à mettre en œuvre. Après quelques essais, mon choix s'est porté sur le tampon blanc de marque Briconet. Il s'agit en fait de la même matière que celle utilisée pour les tampons à récurer de cuisine. Son épaisseur, de l'ordre de 5 mm, est en outre parfaitement à l'échelle.

Sa mise en place se fait par collage à la colle vinylique sur une base en carton contre-collé préalablement peinte en brun afin d'éviter que ne ressortent ensuite d'éventuelles zones blanches.

 

 

Un soin tout particulier sera apporté au niveau des raccords de couverture sur le pignon côté étable. En réalité, la toiture de chaume est disposée en léger arrondi, sans aucun angle, ni cassure. Ce détail est facile à évoquer en mettant en forme le tampon à l'aide d'une simple lame de cutter.

 

 

Par contre, la réalisation du faîtage demande plus de travail. En Auvergne, le faîtage, point particulièrement sensible sur ce genre de toiture, était réalisé à partir de bottes de pailles plus longues, placées têtes en haut, dépassant alternativement sur chacun des versants de la toiture. Deux perches de bois était ensuite fixées de part en d'autre de cette ligne de faîtage, attachées entre-elles par des liens passant sous la panne faîtière afin de tenir l'ensemble.

Pour évoquer au mieux ce dispositif, j'ai utilisé les poils d'une brosse à papier peint. Une épaisseur de 1,5 à 2 mm de poils est ainsi maintenue en place à l'aide d'une pince à dessin, pendant leur collage à la cyanoacrylate.

 

 

Les bandes de 7 à 8 mm de hauteur ainsi obtenues seront collées au sommet de la toiture, de part et d'autre des deux versants. Un profilé Evergreen courant sur la longueur évoque les perches de maintien.

 

 

La toiture peut ensuite être mise en couleur, d'un mélange acrylique de blanc, gris de Payne, terre d'ombre assez clair, puis patiné selon les goûts de chacun.

Il ne reste plus qu'à intégrer la construction sur son module, puis la mettre en scène, avec, par exemple, quelques vaches Salers partant en pâture. Elles ne manqueront pas de regarder passer les trains qui bientôt animeront l'ensemble !

 

 



18/01/2010
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